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Les Mémoires du général Ulysses S. Grant

Les Mémoires du général Ulysses S. Grant

Le général Scott s'était opposé dès le début à la conquête par la voie du Rio Grande, de Matamoras et de Saltillo. Maintenant qu'il commandait toutes les forces du Mexique, il retira de Taylor la plupart de ses troupes régulières et ne lui laissa que suffisamment de volontaires, pensait-il, pour tenir la ligne alors en possession de l'armée d'invasion. En effet, Scott n'a pas jugé important de détenir quoi que ce soit au-delà du Rio Grande et a autorisé Taylor à se replier sur cette ligne s'il le voulait. Le général Taylor a protesté contre l'épuisement de son armée, et son mouvement ultérieur sur Buena Vista indiquerait qu'il ne partageait pas les vues de son chef en ce qui concerne l'insignifiance de la conquête au-delà du Rio Grande.

Scott avait estimé les hommes et le matériel qui seraient nécessaires pour capturer Vera Cruz et marcher sur la capitale du pays, à deux cent soixante milles à l'intérieur. On lui a promis tout ce qu'il a demandé et a semblé avoir non seulement la confiance du président, mais ses vœux sincères. Les promesses ont toutes été rompues. Environ la moitié seulement des troupes promises furent fournies, d'autres matériels de guerre furent retenus et Scott était à peine parti pour le Mexique que le président s'engagea à le remplacer par la nomination du sénateur Thomas H. Benton comme lieutenant-général. Cela étant refusé par le Congrès, le Président a demandé à l'autorité législative de placer un junior sur un senior du même grade, en vue de nommer Benton au grade de major-général puis de le placer à la tête de l'armée, mais le Congrès n'a pas réussi à accéder à cette proposition aussi, et Scott est resté dans le commandement : mais chaque général nommé pour servir sous lui était politiquement opposé au chef, et plusieurs étaient personnellement hostiles.

Le général Scott atteignit Brazos Santiago ou Point Isabel, à l'embouchure du Rio Grande, à la fin de décembre 1846, et remonta immédiatement le fleuve jusqu'à Camargo, où il avait écrit au général Taylor de le rencontrer. Taylor, cependant, était allé à, ou vers Tampico, dans le but d'y établir un poste. Il avait commencé cette marche avant de savoir que le général Scott était dans le pays. Dans ces circonstances, Scott dut donner ses ordres désignant les troupes à retirer de Taylor, sans la consultation personnelle qu'il s'était attendu à avoir avec son subordonné.

La victoire du général Taylor à Buena Vista, les 22, 23 et 24 février 1847, avec une armée composée presque entièrement de volontaires qui n'avaient jamais combattu auparavant, et sur une force largement supérieure numériquement, a fait sa nomination à la présidence par les Whigs une fatalité. Il fut nommé et élu en 1848. Je crois qu'il regretta sincèrement ce revirement de fortune, préférant la paix procurée par une vie tranquille et exempte d'abus à l'honneur de remplir la plus haute fonction dans le don de tout peuple, la Présidence de la États Unis.

Lorsque le général Scott prit le commandement de l'armée d'invasion, j'étais dans la division du général David Twiggs, sous le commandement de Taylor ; mais sous les nouveaux ordres mon régiment a été transféré à la division du général William Worth, dans laquelle j'ai servi jusqu'à la fin de la guerre. Les troupes retirées de Taylor pour faire partie des forces à opérer contre Vera Cruz, furent rassemblées à l'embouchure du Rio Grande en vue de l'embarquement pour leur destination. J'ai trouvé que le général Worth était un homme différent de tous ceux sous lesquels j'avais servi directement auparavant. Il était nerveux, impatient et agité en marche, ou lorsqu'un devoir important ou responsable l'affrontait. Il n'y avait pas la moindre raison de hâter la marche, car on savait qu'il faudrait des semaines pour rassembler suffisamment de navires au point de notre embarquement pour transporter l'armée, mais le général Worth déplaça sa division avec une rapidité qui aurait été louable. s'il était allé au secours d'une garnison assiégée. La longueur des marches était réglée par les distances entre les lieux fournissant de l'eau aux troupes, et ces distances étaient tantôt longues, tantôt courtes. Le général Worth au moins une fois, après avoir parcouru toute la distance prévue pour la journée, et après que les troupes furent au camp et préparèrent leur nourriture, ordonna de lever des tentes et fit la marche de cette nuit qui avait été prévue pour le lendemain. Certains commandants peuvent déplacer des troupes de manière à en tirer le maximum de distance sans fatigue, tandis que d'autres peuvent les épuiser en quelques jours sans accomplir autant. Le général Worth appartenait à cette dernière classe. Il jouissait cependant d'une belle réputation pour ses qualités de combattant, et lui attacha ainsi ses officiers et ses hommes.

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