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Télégramme du département d'État à l'ambassade en Union soviétique - Histoire

Télégramme du département d'État à l'ambassade en Union soviétique - Histoire


Washington, 15 avril 1963, 21h

Voici le texte de la lettre conjointe du président et du premier ministre Macmillan :
Commencez le texte textuel.
« Cher Monsieur le Président,
1. Vous vous souviendrez qu'en février et mars 1962, nous avons eu une correspondance au sujet de la conférence du désarmement de Genève, et en particulier sur la possibilité de parvenir à un accord sur le texte d'un traité d'interdiction des essais nucléaires. Le président Kennedy/M. Macmillan et moi nous sommes engagés à nous intéresser personnellement au déroulement de cette conférence sur laquelle tant d'espoirs de l'humanité ont été fixés. En octobre dernier, nous vous avons tous deux indiqué dans des messages notre intention de consacrer des efforts renouvelés au problème du désarmement, notamment en ce qui concerne la prolifération des armes nucléaires et l'interdiction des essais nucléaires.
2. Depuis lors, la réunion de Genève s'est poursuivie mais elle n'a pas atteint le point d'un accord définitif. Néanmoins, des progrès encourageants ont été réalisés. Par exemple, votre acceptation du principe de la vérification sur place des événements non identifiés a été d'une grande valeur. De même, les pays occidentaux ont pu réduire le nombre d'inspections annuelles qu'ils jugeaient indispensable de demander, d'une vingtaine à sept. La différence qui subsiste est bien sûr réelle et substantielle, ne serait-ce que parce qu'elle présente sous une forme pratique les effets de deux raisonnements différents. En même temps, la différence réelle entre les trois inspections que vous avez proposées et les sept que nous demandons, si importante soit-elle, ne devrait pas être impossible à résoudre. En ce qui concerne les stations sismiques automatiques, la différence entre nous semble assez étroite.
3. Nous avons tous le devoir de considérer quels sont les besoins de sécurité ; mais nous avons aussi un devoir envers l'humanité. Le président Kennedy/M. Macmillan et moi pensons donc que nous devons faire une nouvelle tentative sérieuse par les meilleurs moyens disponibles pour voir si nous ne pouvons pas faire aboutir cette affaire avec votre aide.
4. Nous savons qu'il est avancé qu'un accord sur les essais nucléaires, bien qu'utile et bienvenu notamment en ce qui concerne les essais atmosphériques, n'apportera pas à lui seul une contribution décisive à la paix et à la sécurité du monde. Il y a, bien sûr, d'autres questions entre nous qui sont également d'une grande importance ; mais la question des essais nucléaires semble être une question sur laquelle un accord pourrait maintenant être trouvé. Le simple fait d'un accord sur une question contribuera inévitablement à créer la confiance et à faciliter ainsi d'autres règlements. En outre, il est sûrement possible que nous puissions procéder rapidement à des discussions concrètes et fructueuses sur la non-diffusion du nucléaire, aboutissant à un accord sur ce sujet. Un tel accord, s'il était raisonnablement bien soutenu par d'autres pays, nous semblerait susceptible d'avoir un effet profond sur l'état actuel de tension dans le monde. S'il s'avérait possible de passer rapidement à un accord sur les armes nucléaires et sur la prolifération des capacités nucléaires nationales, une avancée vers des accords plus larges pourrait alors s'ouvrir.
5. La question pratique est de savoir comment procéder au mieux. Il se peut que la poursuite des discussions révèle de nouvelles possibilités de part et d'autre en ce qui concerne les modalités du quota d'inspections. Mais si nous essayions d'atteindre ce point par les méthodes actuelles, les deux parties pourraient se sentir incapables d'avancer parce que cela semblerait abandonner un point de substance sans obtenir un accord définitif sur un traité défini en échange. Il se peut que nous puissions avancer sur cette question de nombre en explorant une idée qui a été évoquée par les nations neutres à Genève, l'idée qu'un quota d'inspections sur place pourrait être convenu pour couvrir une période de plusieurs années, à partir desquelles des contrôles pourraient être effectués dans des conditions plus souples qu'un quota annuel ne le permettrait.
5. a) Mais pour le moment, ce n'est pas seulement la question du nombre qui nous retient, nous devons aussi nous mettre d'accord sur le contenu final du projet de traité et notamment trancher certaines questions importantes sur la manière dont l'inspection doit être effectué. Vous avez estimé qu'une fois le quota convenu, les autres questions peuvent facilement être réglées, alors que nous pensons qu'il est peu probable qu'un accord final sur le nombre d'inspections soit possible à moins que la plupart des autres questions n'aient d'abord été réglées. Nous sommes ainsi arrivés à une impasse.
6. Nous serions intéressés d'entendre vos suggestions sur la façon dont nous devons nous en sortir. Pour notre part, nous devrions être tout à fait prêts maintenant à organiser des discussions tripartites privées de la manière qui nous semble la plus pratique. Par exemple, nos principaux représentants à Genève pourraient mener des discussions sur les questions qui restent à régler. Alternativement, ou à un stade ultérieur, le Président Kennedy/Premier ministre Macmillan et moi-même serions prêts à envoyer en temps voulu des représentants de très haut niveau qui seraient habilités à parler en notre nom et à parler directement avec vous à Moscou. Nous espérons que, soit à Genève, soit par l'intermédiaire de représentants de haut niveau à Moscou, nous pourrons amener la question suffisamment près d'une décision finale pour qu'il soit alors approprié de penser en termes d'une réunion de nous trois au cours de laquelle un un accord sur une interdiction d'essai pourrait être rendu définitif. Il est bien entendu évident qu'une réunion à trois qui aboutirait à un traité d'interdiction des essais ouvrirait un nouveau chapitre de nos relations et offrirait l'opportunité d'une discussion plus large.
7. Nous espérons sincèrement que vous examinerez sérieusement cette proposition. Nous pensons que l'accord sur les essais nucléaires et ce qui peut en découler est le domaine le plus prometteur pour tenter de parvenir à un accord entre nous. La procédure que nous avons suggérée nous semble la manière la plus pratique d'arriver à un résultat qui serait le bienvenu dans le monde entier.
Sincèrement,
John F. Kennedy
Harold Macmillan
Fin du texte textuel.
Biscotte


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